OMBRE GARELLE (Claude Beauvillain-Robert°                                                                                                                         Recueil de textes poétiques.                                                                                                                                                                                                     N° ISBN 978-2-36024-009-8 Dépôt légal : mars 2010

EXTRAITS

 

Un amour secret

Un amour profond

Un amour tout de musique

De joie intense

Et de rêves

Fort comme le vent qui déracine les arbres

Et si faible à la fois

Fou comme un cœur dérouté

Trouble comme un regard

Limpide comme l’eau qui jaillit.

XXXXXXXXX

Etoiles violées d’un ciel de grand orage

Torture abominable à grands coups martelée

Peurs crachées dans un cri venu du fond des âges

Lourdes peines étouffant un souffle si fragile

Corps agité d’enfant emprisonné en lui

Mains griffant une peau aux sillons labourés

Pieds battant vainement un air déjà si lourd

Cris de vie arrachés à la mort si tenace

Mort du corps, de l’esprit et de la dignité

 

 

Etoiles rayonnant dans un ciel plus serein,

Nuit enfin apaisée après un jour de deuil,

Combien en faudra-t-il de cœurs assassinés,

Pour qu’un jour chacun vive au monde en harmonie ?

XXXXXXXXXXX

Une île…

 

 

Une île peut très bien s’habituer à être déserte.

A ne plus se demander pourquoi les autres sont habitées.

A guetter sans espoir l’arrivée du Marin.

Elle peut même Comprendre.

 

Et quand tout est consommé,

Elle peut finalement

S’enfoncer dans la mer tout doucement

Sans bruit ni remous

Et rejoindre le fond.

 

Personne, jamais personne,

Ne s’apercevra de sa disparition.

XXXXXXX

Ouvre les yeux

 

 

  

Tu as tant de vies à vivre,

Tant d’espoirs à combler,

Tant de bonheur à donner et à recevoir,

Tant de fierté à ressentir,

Tant de possibles qui s’ouvrent à l’infini devant toi,

Tant de mains tendues vers toi.

XXXXXXXXX

                             Quand on est triste à en crever

 

 

  

Quand on est triste à en mourir

Cela tient plutôt du soupir

Du cri à peine murmuré

De la douleur bien policée

 

Quand on est triste à en crever

Quand dans le ventre ça vous tient

Quand on n’est plus bon qu’à pleurer

Et qu’on cherche en vain une main

 

Quand on est triste à en crever

Quand le ciel est toujours si gris

Qu’on n’ose même plus rêver

Quand on est triste à en crever

 

Il n’y a alors plus rien à faire

Ou peut-être encore espérer ?

 

Car si c’en est fini du rêve

Oui c’est sûr qu’un jour on en crève.

XXXXXXXXXXXXXXX


 

Ombre Garelle
© 2011