CROISEMENT DE PLUMES (I. de Mecquenem & M. Quitard)                                                                                                                                       Préface de Rosemarie Racine                                                                                                                                                                                              Poèmes à quatre mains                                                                                                                                                                                                          ISBN 978-2-36024-002-9 Dépôt légal Octobre 2009                                                                                                                                                       14,00 €

 

Croisement de trajectoires, croisement de coeurs, croisement de plumes...

EXTRAITS :

 

Va vers ta vie

Mène la haut et fort

Porte ton balluchon multicolore

Aux couleurs de l’automne

Le chemin tracé de ton encre fluide

Touche les horizons des sens

Ainsi tu vas vers cet amour profond

De la plus sensible en inconnue

Manière d’aimer, secrète – incomprise

Mais oh combien vibrante

Ta vie te précède, ombre anticipatrice

Ne savoir ou aller, quelle douce chose amère

Quêter guetter le sens de ton silence

Doré…

Vivre.

Rentrer en soi au plus secret du cœur

Sortir pour cette lutte plus vraie,

Hors des chemins boueux des apparences

Vivre.

Unicité de l’être.

Apprivoiser les heures, comme

Autant de compagnes…

                                                                                                                                          I. de M

 

DU BLEU DESSUS LE NOIR

 

 

A l’infini tourment

Des rêves en désespoir,

Je veux dire doucement

Le bleu dessus le noir…

 

Aux cris du désespoir,

Qui tourmentent la nuit,

Moi je veux encor croire

Que l’Amour tue l’ennui…

 

Je sais les déchirures,

Au plus profond des rêves,

Cet infâme parjure,

Dont, trop souvent, l’on crève.

 

Mais dessus le dolmen,

On ne peut pas tricher,

Où est-ce que cela mène ?

A toi de deviner !

 

Je déteste les heures

Qui me séparent de toi,

Me volent ce bonheur,

Qui soudain, s’est fait loi.

 

Et je me fais mendiant

Des éclats de ton cœur,

Et je suis impatient

De notre prochaine heure.

                                                                                                                               M.Q

 

 

UN COLLIER DE DEMAINS

 

Je marchais lentement, tout habité de toi,

Et l’esprit du dolmen marchait à mes côtés,

Quelques vers dans mon cœur voulaient chanter ma foi,

Et dire aux quatre vents, l’entier de ta beauté.

 

Je pensais à tes peurs, à tes vieilles blessures,

Et je cherchais les mots qui te peuvent rassurer,

Car notre histoire n’est pas une simple aventure,

Un sourire, un câlin, et la page est tournée.

 

Il est dedans mon cœur un sentiment profond,

Plus solide que l’airain, plus solide que le temps,

Et tu es de ma vie, la plus belle saison,

Tu as mis dans mon âme les odeurs du printemps.

 

Fleur du bord du chemin, je ne te veux cueillir,

Pour te voir dans ma main, doucement faner ;

Alors, je m’agenouille, longuement te respire,

Et c’est comme cela que moi, je veux t’Aimer.

 

Joli petit renard que la vie a blessé,

J’ai doucement passé mon écharpe à ton cou,

Ni laisse ni collier, tout juste un doux baiser,

Pour que demain nous laisse être encore un peu fou.

Jamais je ne pourrai t’offrir quelque diamant,

Alors laisse-moi faire un collier de demains,

De demains emperlés à en faire des ans

Que nous traverserons, toujours main dans la main.

                                                                                                        M.Q

 

 

L’HEURE NUE


 

Une heure

Nue

Dérisoire squelette

Désossé de minutes

Nues

Empilement de secondes

Nues

Déshabillées de ta présence

Vivante

Inutiles séquences de temps

Pleine du vide de toi.

 

Désespérance.

 

Atroce nudité

Du temps

Métronome désarticulé

D’une chanson sans musique

Silence

Sur la partition de l’Amour

Nudité habillée

D’une morne tristesse

Mélopée lancinante de l’absence.

 

Attente.

 

Attentat à la patience

Immobile voyage

D’une rive à l’autre

Du temps

Frein infiniment rongé.

 

Inatteignable demain.

 

Survie

De l’esprit en sommeil

Interminable décompte

Des heures

Qui n’en finissent pas d’égrener

Leurs secondes.

 

Luminescence.

 

Présence éthérée de l’esprit

De toi

Impalpable réalité

De la présence

Aimée

Abolition de la distance

Exorcisme

De l’espace temps

Apprivoisement

De l’instant

 

Renaissance.

 

Seconde bourgeonnante

Tendre minute verte feuille

Voici l’heure habillée

D’une écharpe de bonheur

Couleur sourire

Au goût de tes baisers

Éphémère éternité

De l’étreinte,

Éternelle fugacité

De ton rire.

 

                                                           M.Q

 

 

VOIES D'ECRITURE

 

 

Je t’écrirai des poèmes

Et sur ces poèmes il y aura des routes.

 

En visages perspectives

Ouvertes à l’horizon

Ces lignes, traces d’amour,

Sillonnent ton minois.

 

Tu sauras les matins blêmes

Empoisonnés par le doute.

 

A la croisée des chemins,

Le cœur écartelé

Hésitera parfois

Entre rires et pleurs.

 

L’écriture sera ride

Au temps de nos amours,

Effleurera nos mains

Porteuses de lendemains.

 

Je te lirai des poèmes,

Et dans ces poèmes, il y aura la mer.

 

L’étrave de notre Amour

Éventrera la vague


De grisaille habitude

Et d’ennui convenu.

 

Je t’inventerai des poèmes

Et dans ces poèmes il y aura des dons.

 

Cadeau de la vie folle au creux de mes errances.

Suivre l’onde au creux de sa crue, crinière au vent.

Amour donné comme se donne la vie

Comme s’écrit le mot en travers du poème.

 

J’infinirai les poèmes

A assassiner les nuits.

 

L’enfance du jour azurera nos rimes

D’un bleuet saisissant, aux couleurs

D’un printemps, nu, sous le calcaire ondé.

 

Je vivrai tes poèmes

Perdu dedans ta chair.

 

Aussi haut que l’étoile,

Aussi fous que le vent,

Inventons les raisons

De n’être pas raisonnables.

 

Laissons errer le verbe

Et le fruit des amours,

Prenons ce temps volé

Aux insensibles âmes.

I. de M & M.Q

 

Croisement de Plumes
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