
|
Aujourd’hui, mon humeur est de réagir… à un autre billet d’humeur… Même si c’est tardif, c’est toujours d’actualité. Eh oui, j’étais dans la rue avec des millions de gens, il y a quelques mois pour protester, non pas seulement contre le nouvel âge de la retraite, mais, bien au-delà de cela, contre un certain nombre de mesures concernant le travail, et donc la vie des citoyens français. Et à moi, il me chaut que les revendications soient légitimes, et à moi, il m’importe qu’on ne caricature pas les manifestants. Sur les banderoles, il y avait souvent de beaux slogans ; je n’ai guère vu de poings levés, mais souvent des gens main dans la main, toutes générations confondues ; les mégaphones ne faisaient qu’amplifier de belles voix humaines, et si parfois on sentait la rage, ce n’était que réponse au mépris des gouvernants. Moi qui ai aimé passionnément mon métier, qui y ai consacré 40 ans de ma vie, je n’ai jamais rêvé de journées de 75 heures : j’avais une famille, des amis, des films à voir, des livres à lire, les oiseaux à écouter dans la campagne, des liens humains à nouer hors de l’école. Et c’est sans effroi que j’ai vu la retraite arriver, parce qu’il est un temps pour tout. Et je suis heureuse d’avoir quitté ces élèves que j’ai tant aimés, pour me consacrer à d’autres activités et profiter d’un repos que je considère bien mérité. « L’immortalité professionnelle », très peu pour moi. Que dire alors de ceux qui exercent un métier plus difficile, qu’ils peuvent aimer, mais qui les use ? Que dire de cet argument qui consiste à vouloir nous faire travailler plus quand tant et tant n’ont pas de travail ? Alors, une des clés ne serait-elle pas dans le partage ? Permettre à chacun de s’épanouir à la fois dans sa vie professionnelle et dans sa vie personnelle ? Le débat reste ouvert…
Claude Beauvillain-Robert
|
| C. Beauvillain-Robert |
| © 2011 |